Adresse postale : 4, Pine Crest Drive - Maple Ridge, Loon Village
Les MATTHEWS sont arrivés à Loon Village en avril 1983, en même temps que quatre autres familles, dont les CALDWELL. Ils se sont installés dans une maison cossue de Pine Crest Drive, dans le quartier résidentiel de Maple Ridge. Mais si la bâtisse est confortable et entièrement équipée, avec plusieurs chambres, la climatisation, une large allée en béton devant un garage double et un joli jardin arboré, elle est impersonnelle, comme si préparée à l’avance pour accueillir ses nouveaux occupants.
Avant de s'installer, la famille vivait à Quincy, près de Boston. Le père, Jack (45 ans), travaillait pour une entreprise d’ingénierie industrielle. Aux voisins, ils expliquent avoir accepté un poste de technicien dans une société d’instrumentation scientifique basée à Old Town. Son travail consiste à superviser l’installation d’équipements de mesure utilisés dans les forêts du Maine pour des recherches environnementales. Il part très tôt chaque matin, rentre tard le soir, et semble de plus en plus fatigué et préoccupé.
Son épouse, Linda (44 ans), mère au foyer, a beaucoup de mal à s’adapter et paraît regretter leur ancienne vie. Lorsqu’elle téléphone à sa sœur restée à Boston, elle parle à demi-mots du comportement étrange de Jack depuis leur arrivée : il se réveille parfois en pleine nuit, persuadé d’avoir entendu une voix dans la maison, ou d’avoir oublié quelque chose d’important. Parfois, il reste longtemps assis dans la cuisine, silencieux, comme s’il essayait de se souvenir de quelque chose qui lui échappe. Pire encore, depuis leur installation, il serait devenu violent, laissant libre cours à des accès de colère imprévisibles, avant d'agir comme si rien ne s’était passé ...
Le couple, de plus en plus distant, élève trois enfants : David (15 ans) et les jumeaux Caleb et Tani (11 ans). Leur père leur a expliqué en arrivant à Loon Village qu'il travaille à présent dans un centre de recherche environnementale près d’Old Town où il étudie "l’électricité naturelle de la terre", une explication vague qui nourrit volontiers leur imagination. Parfois, ils le surprennent à regarder longuement la forêt derrière la maison, comme si quelque chose s’y trouvait.